• Bravo Monsieur Rocard!

    J'ai sur Monsieur Rocard une opinion balancée.... J'ai  le souvenir du troublion du PSU (années 70) qui prônait l'autogestion (mai 68était encore vivant), j'ai l'image d'un homme politique intelligent mais trop naïf pour s'opposer à un Mitterrand déterminé à conserver le pouvoir, j'ai enfin la tristesse de voir un député européen vieilli et parfois un peu dépassé, en tout cas souvent brouillon et difficile à suivre. En plus, je n'ai pas vraiment apprécié un parcours politique qui l'a mené de l'extrême gauche à l'aile molle d'un PS trop centriste!

    Je suis donc tout à fait à l'aise pour le féliciter pour sa tribune publiée dans Le Monde, dans laquelle il souligne, pour les dénoncer, les responsabilités anglaises dans l'échec de la construction européenne actuelle, tout au moins pour ses aspects politiques et démocratiques. http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/06/05/amis-anglais-sortez-de-l-union-europeenne-mais-ne-la-faites-pas-mourir_4431399_3232.html

    En vérité, il y a peu à ajouter, je dirais plutôt à enlever le paragraphe un peu trop élogieux sur un passé anglais glorieux qui se serait donc transformé en politique anti-européenne dans les 50 dernières années.

    Au contraire, tout au long de son existence, l'Angleterre n'a eu de cesse d'empêcher l'émergence d'une puissance hégémonique sur le continent européen. Et pour ce faire, la plupart du temps, elle a agi en sous-main créant et poussant à la guerre, dans son propre intérêt, des coalitions à géométrie variable.

    Pour beaucoup de Français, au moins jusqu'à la fin du XIXème siècle, c'est bel et bien l'Angleterre qui représentait le véritable ennemi héréditaire.

    Mais probablement grâce à, ou plutôt à cause de, son ex-empire colonial transformé en espèce d'appendice commercial réservé plus ou moins lié à la Couronne de Sa Majesté, l'Angleterre a mis plus de temps encore que les autres pays européens à réaliser, à comprendre, à accepter qu'elle n'était plus une puissance mondiale ni militaire (pas même navale), ni politique (trop proche des USA), ni économique.

    Et finalement, là où, en lançant les bases du projet européen, France, Allemagne, Italie, Belgique, Pays-Bas et Luxembourg ont vu une perspective d'avenir, de prospérité et surtout de paix, même au prix d'une perte consentie de souveraineté, l'Angleterre n'a vu qu'une menace économique de ses propres intérêts.

    Merci aussi Monsieur Rocard de reconnaitre que ces élargissements successifs, surtout depuis 2004, mais probablement dès 1995 avec les pays du nord, ont rendu ingouvernable une Union fonctionnant encore dans trop de domaines, à l'unanimité et accueillant trop rapidement des pays sans culture de collégialité, base même de la fondation de l'Europe.

    Mais si faire le diagnostic et évaluer la situation avec franchise et honnêteté est non seulement intéressant mais utile, j'attends avec impatience et intérêt, la suite, à savoir vos propositions (ou celles du Parti Socialiste Européen) pour remettre l'Europe sur les bons rails, reprendre la voie de l'intégration politique, tourner la page de l'intergouvernementalité et revenir à l'esprit des Fondateurs.

    Pratiquement, une Renaissance, un second départ et certainement la survie de l'Europe est à ce prix. Mais qui en est capable? Qui pour lancer une telle démarche? Combien accompagneraient alors l'Angleterre dans le refus d'une telle Union?


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