• Et maintenant?

    Le succès de la (des) grande(s) manifestation(s) apporte une réponse éclatante aux événements tragiques de la semaine dernière. Face à la violence aveugle, les citoyens ont réagi sans peur, sans haine pour affirmer haut et fort leur mobilisation pour défendre leurs libertés, LA Liberté.

    À qui s'adresse ce message? Aux terroristes? Comment penser qu'ils changeront d'attitude alors que leur seule stratégie est de recourir à la violence pour semer la peur et la division?

    Non, pour ne pas rester sans échos utiles et positifs, pour que toutes ces victimes ne soient pas mortes tout à fait pour rien, il faut que le message soit entendu par ceux qui peuvent décider et décider de changer, à savoir les responsables politiques de nos démocraties occidentales.

    Il y a deux jours sur la Rai, un petit débat entre journalistes italiens posaient sans doute les bonnes questions et les jalons de la voie à suivre.

    L'un d'entre eux racontait comment alors qu'il avait eu l'occasion de pouvoir rencontrer le Cdt Massoud, la Direction de la chaîne avait refusé de diffuser l'interview parce que dérangeant.

    Un autre affirmait qu'il fallait cesser de considérer Israël comme un rempart de l'occident, du moins tant que durerait sa politique actuelle, alors qu'il faudrait soutenir le Liban qui se défend seul contre l'agression de milices militaires et surtout faire en sorte que l'Arabie Saoudite cesse un double jeu au nom d'une conception "fasciste" de l'Islam.

    Finalement ce journaliste dénonçait une hypocrisie en comparant le déluge de feu que les occidentaux avaient déversé sur la Lybie avec la "retenue" des frappes aériennes sur l'Etat Islamique et la position de la Turquie.

    Tout ceci pour dire que si la question est dangereuse, sensible, ultracomplexe, il y a des gestes à faire, des décisions à prendre et des réorientations stratégiques à initier. En auront-ils le courage? Le temps le dira!

    Le message s'adresse aussi aux citoyens eux-mêmes. L'étonnement des commentateurs devant l'image d'un rabbin embrassant des musulmans, devant la mixité des manifestations, devant les paroles et l'émotion des musulmans "de base" comme de leurs "responsables" illustre la décomposition de la société et l'espoir immense que cette marche ensemble peut faire naître. Laissons tomber les grands discours creux sur le pays des Droits de l'homme (et les charters? et des violences policières au faciès?), n'oublions tout simplement pas trop vite que le message de haine et de division n'est pas toujours accompagné de kalachnikov, il peut aussi se répandre insidieusement par des discours apparemment policés mais pourtant si dévastateurs.

    Le message d'hier, c'est que le refus de l'autre et de ses croyances ou de son mode de vie est toujours le ferment d'une violence potentiellement meurtrière. Il n'y a pas de petits discours de haine, il n'y a pas de petits discours de rejet, il n'y a pas de petits discours de calomnie et de mensonges.

    Profitons donc de ce moment particulier, solennel, crucial pour retrouver la raison et refuser les discours simplistes démagogiques et si dangereux pour La Liberté à laquelle visiblement tout le monde tient encore fermement.

    Le Front National n'avait rien à faire dans le cortège de Paris et j'espère que là où il s'est invité malheureusement, les gens, mes concitoyens auront pris conscience de l'incompatibilité entre marcher en hommage aux victimes de la haine et souhaiter porter au Pouvoir, ceux qui en ont fait leur fond de commerce électoral!


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