• Le vrai début?

    Vous allez me dire que je suis fou, j'aimerais mieux que vous pensiez "étrange", même si quelqu'un a dit que le fou était une minorité réduite à l'unité, ce qui me séduit assez! Je n'ai pas encore achevé le second épisode des aventures de Nicolas-Dupont que je travaille déjà au 3ème. Celui-ci se passera dans le milieu du football.

    Je vous livre un des passages dans lequel interviennent deux joueurs qui me sont très chers...mais je ne vous en dit pas plus, le début, c'est celui de leur carrière bien évidemment!

    Le match devient plus tendu, plus haché, plus brutal. Les 65000 spectateurs poussent leur équipe avec leurs chants et tout le stade attend et espère cette délivrance du 2ème but, celui de la victoire qui permettra à l'OM de se qualifier à nouveau pour la ligue des champions.
    Et les offensives marseillaises se succèdent sans interruption comme les vagues de la grande bleue toute proche. Depuis un bon moment l'équipe adverse ne franchit plus la ligne du milieu de terrain et désormais elle se contente de contenir comme elle peut les attaques incessantes sans plus chercher à construire.

    L'arbitre assistant indique qu'il reste 5 minutes de temps additionnel. Un compte à rebours fatidique est engagé, qui réduit inexorablement les chances de victoire des Marseillais.
    L'entraineur olympien tente alors un coup de poker et prend une décision inattendue. À la surprise générale, il décide le remplacement de ses 2 attaquants vedettes. Ces deux joueurs, achetés au prix fort au cours de l'été précédent, sont les vrais "chouchous" du public et même si leurs tentatives sont restées vaines jusque-là, le stade gronde en voyant leurs numéros s'afficher sur le panneau de l'assistant. Ainsi les changements sont confirmés par le speaker au milieu de nombreux sifflets.

    Les commentateurs demandent fébrilement l'antenne et se perdent en analyse de cette initiative.
    Il faut dire qu'à 3 minutes de la fin d'un match aussi important pour le club, voir l’entraîneur faire entrer en jeu deux inconnus pour remplacer deux attaquants confirmés et talentueux, paraît un acte de folie pure, surtout dans un stade plein d'un public aussi bouillant et caractériel que celui de la grande métropole provençale.
    En outre, l’entraîneur lance dans le jeu deux gamins, deux frères, Lorenzo et Gabriele de 19 et 17 ans. Tous les deux appartiennent au Centre de formation du club. Lorenzo file en courant vers l'aile droite en remplacement de l'Argentin Massallas et Gabriele, le plus jeune, pénètre sur le terrain pour remplacer purement et simplement le meneur de jeu serbe, Kristanic.

    Le jeu reprend et le même scénario se poursuit. La fébrilité s'empare des deux équipes qui semblent presque jouer en regardant le chronomètre du stade. Les deux entrants n'ont pratiquement pas touché le ballon et 45 secondes restent à jouer quand l'arbitre siffle un nième coup franc en faveur des Marseillais.

    Sans hésiter, Gabriele place la balle posément au sol, à une trentaine de mètres environ du but, légèrement sur la gauche. Plusieurs joueurs l'entourent, les spectateurs retiennent leur souffle, les commentateurs font des pronostics sur le tireur.
    Mais c'est bien le très jeune garçon qui, après un dernier regard vers sa cible, prend son élan et frappe la balle du pied gauche. Le ballon s'élève, il reste 30 secondes à jouer, il contourne le mur adverse, sa trajectoire surprend le gardien qui tente en vain de le dévier et le stade se lève, plein d'espoir, quand la balle frappe sans vitesse la barre transversale du but rebondissant au sol à quelques centimètres de la ligne de but. Une clameur de déception remplit le stade mais elle se transforme instantanément en hurlements de joie lorsque Lorenzo pousse la balle au fond du goal, malgré un plongeon désespéré du gardien.
    L'arbitre accorde le but et siffle la fin du match dès la remise en jeu. Marseille gagne, Marseille se qualifie! Le public exulte et cette nuit Marseille retentira des klaxons, des sirènes et des chants jusqu'à l'aube.
    Les deux frères se précipitent l'un vers l'autre et se tapent dans la main. Ils sourient, tous les deux au comble du bonheur. Les joueurs portent en triomphe leur entraîneur. Un tour du stade est réclamé par le public et toute l'équipe, y compris les remplaçants et les techniciens s'y soumettent bien volontiers. C'est une communion magnifique dans la joie de cette belle mais difficile victoire.

    Un journaliste télé s'approche de Gabriele qui appelle son frère avant de répondre aux questions du reporter.
    - Gabriele, quel souvenir pour vous! Vous prenez le risque de tirer ce coup franc malgré votre jeune âge et vous le ratez, quelle chance que votre frère ait réussi à reprendre la balle, non?
    Un magnifique sourire espiègle éclaire le visage du jeune garçon.
    - Tu entends Loré, il dit que je l'ai raté! On lui montre?
    Le journaliste reste interloqué. Il fait signe au cameraman de suivre les deux garçons qui se dirigent vers un but en prenant au passage un ballon.
    - Décidez vous-même où vous le mettez, dit Gabriele au journaliste. Celui-ci place la balle au sol, le garçon s'élance et à nouveau la balle plane vers le but dans une courbe élégante et à nouveau elle rebondit sur la barre, Lorenzo surgit et pousse la balle au fond de la cage vide.
    - On s'entraine ensemble depuis près de 10 ans. Ce coup-là on le réussit presque toujours, on s'y exerce chaque jour après les entraînements et il y a deux semaines environ, le coach nous a vus. Il nous a demandé de le refaire et sur 10 fois, on en a réussi 9. Vous voyez, je n'ai pas raté….
    Le journaliste reste bouche bée.
    Les deux garçons filent déjà vers le vestiaire en pouffant de rire! Heureux comme jamais!


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