• Ni rire, ni pleurer, "comprendre"!

    J'ai eu le plaisir et la chance d'assister hier à une conférence donnée conjointement par Edwy Plenel et Jean-François Kahn.

    À part le plaisir toujours très profond d'entendre quelqu'un s'exprimer dans un français parfait, riche mais compréhensible, c'est bien entendu le fond de leur exposé qui était passionnant.

    Ni rire, ni pleurer, comprendre, de cette phrase de Spinoza, EP a fait sa ligne de conduite professionnelle. Et comme il l'explique lui-même cela exige d'être capable parfois d'aller à contrecourant d'une opinion publique plutôt sensible aux discours "faciles" et encline aux réactions passionnelles.

    Deuxième exigence, "LE" journaliste doit savoir appuyer ses écrits sur des faits, devant parfois "lutter contre lui-même" selon la phrase de Péguy pour réduire autant que faire ce peut, la part subjective de son analyse. Bien entendu, les deux intervenants l'ont reconnu, pour trouver, il faut d'abord savoir ce que l'on cherche et donc pour JFK, il est stupide de se proclamer non-engagé parce qu'on l'est toujours, sauf à être un monstre d’égoïsme et de désintérêt pour le monde (faim, guerre, pauvreté, environnement, etc.).

    Finalement la soirée s'est achevée sur les difficultés de la Presse et les limites de la liberté d'enquête lorsque les actionnaires se mêlent du contenu rédactionnel, voir Le Monde en ce moment, le succès de Mediapart, l'opportunité du numérique pour la Presse et enfin le rôle de chien de garde jouée par les journalistes vis-à-vis de la Justice. (La partie strictement politique sera abordée dans un autre article du blog).

    On pourrait écouter Edwy Plenel pendant des heures, et pas seulement lorsqu'il parle de son métier. Il émane de cet homme, une telle intelligence (au sens littéral), une telle générosité dans la tolérance et le respect de l'autre qu'on se dit que l'acharnement de ses adversaires pour le décrédibiliser et le faire taire est pratiquement une nuisance universelle, une violence faite à l'humanité (au sens de genre humain).

    M. Plenel revendique en effet une qualité, essentielle selon lui pour bien faire son métier de journaliste, l'empathie, c'est à dire cette envie d'aller vers l'autre pour en apprendre, pour le comprendre, pour échanger, s'enrichir de l'autre sans se perdre soi-même! Chapeau!


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