• La France est en péril!

    La France est en péril et il est trop tard à présent pour discuter des responsabilités et des causes. Le long déclin de notre pays, la crise économique, la montée du chômage et de la pauvreté, la précarisation générale des emplois, la dégradation de l'enseignement, la montée du communautarisme tout le monde y a assisté sans trouver les moyens de les enrayer.

    Aujourd'hui, oui le constat est dramatique! Le Pays est au bord de l'explosion sociale et si la menace terroriste a pu provoquer une apparente mobilisation solidaire des citoyens, il n'a pas fallu attendre longtemps pour que les sondages politiques annoncent comme inéluctable l'agression supplémentaire que s'apprête à subir notre France avec la perte, oui la perte, de 2 ou 3 régions dans quelques jours.

    Ces régions seront en effet perdues pour la démocratie et les conséquences, même si on peut les espérer limitées à un seul mandat, seront gravissimes pour le terrain associatif et pour le tissu démocratique et social des ces régions qui comme tout le pays peinent à sortir de la crise économique.

    Nous avons, nous citoyens, le devoir de voter mais vous, responsables et militants de gauche mais aussi de droite, vous avez le DEVOIR, l'OBLIGATION morale de dépasser vos clivages et luttes électorales habituelles pour faire face à ce danger mortel. Vous avez le DEVOIR de placer au dessus de vos intérêts de parti, l'intérêt national et démocratique. Il faut empêcher la dynastie Le Pen de s'emparer du Nord et de PACA. Il faut, VOUS DEVEZ, empêcher que notre pays, la France connaisse cette honte suprême de voir deux ou plusieurs régions se vêtir de brun et sombrer dans une idéologie xénophobe, liberticide et nauséabonde qui a mené à la mort plusieurs millions de personnes quand elle avait le pouvoir en Europe.

    Je lance cet appel solennel pour que vous agissiez avant le vote, sinon dans 2 semaines vous n'aurez plus aucune légitimité pour parler de démocratie et d'intérêt national!


    7 commentaires
  • Le petit garçon est super content. Il vient de recevoir un "vrai" ballon de foot-ball comme ceux qu'il voit parfois à la télévision quand son papa le laisse regarder le début d'un match.

    Il voudrait pouvoir l'essayer tout de suite mais il doit pourtant patienter. Il fait nuit déjà et ce n'est que demain qu'il pourra en profiter.

    Ailleurs dans la ville, dans un petit studio très sobrement meublé, un jeune homme vérifie une nouvelle fois ses affaires, un jogging un peu trop large pour lui, des chaussures de sport, une ceinture, un gsm et puis les documents qu'il a préparés, une carte de transport, un extrait de plan imprimé d'internet. Il est calme, méthodique, précis. 

    Après avoir tout rangé soigneusement, il déplie le canapé et s'allonge sur le lit ainsi constitué. Ses pensées s'envolent soudain vers une maison lumineuse en bord de mer, il croit ressentir un instant les émotions d'une enfance heureuse, les odeurs, les couleurs. Il réalise que ces souvenirs lui causent un malaise diffus et il s'empresse de les chasser. Sa vie n'est plus inscrite dans le bonheur et l'insouciance. Il est un autre homme à présent, investi d'une mission et habité par des certitudes incompatibles avec le bonheur simple d'une vie banale. Il cherche le sommeil pour ne pas avoir à affronter ses interrogations sur les raisons et le bien fondé de ce changement.

    D'autres hommes non loin de là ne dormiront pas du tout. Ils sont en alerte. Comme des chasseurs, ils connaissent leur proie, mais ils ne savent ni quand ni où s'offrira à eux la chance de la croiser et de l'intercepter. Pour Julien, s'engager dans les forces spéciales a représenté un engagement quasi mystique après le décès de son frère dans un attentat, quand il n'était encore qu'un adolescent turbulent. Il s'est engagé sans l'accord de ses parents qui tout de suite ont vu dans cette démarche s'ouvrir une seconde source de peur et d'angoisse et le risque de revivre le cauchemar de la perte d'un fils. Il est devenu major de sa promotion d'élèves gradés. Et il a choisi les forces spéciales au lieu de postes beaucoup plus stratégiques pour ceux qui veulent faire carrière.

    Julien sait que demain sera à nouveau le premier jour du reste de sa vie, il va participer à sa première mission.

    Le jour est levé. Le petit garçon s'est levé bien trop tôt pour un samedi. Il a tellement insisté que sa maman l'a habillé aussitôt, en tenue de foot,  puis,  avec la même insistance, il a forcé son père à se doucher et à s'habiller avant de l'entrainer vers le parc voisin.

    Le petit garçon est heureux. Il joue avec son nouveau ballon depuis un bon moment déjà sans jamais se lasser même si son papa est décidément beaucoup plus lent et maladroit que les joueurs de la télé.

    Le jeune homme est arrivé à destination. Il regarde lentement autour de lui, tout a l'air calme même si, grâce à ce temps exceptionnel qui règne depuis plusieurs jours, le parc se remplit assez rapidement de familles, de joggeurs, de cyclistes et de promeneurs de chiens. Tout s'annonce donc très bien. Il respire doucement. Il se concentre.

    Le véhicule banalisé est garé à quelques dizaines de mètres de l'entrée du parc. À l'intérieur Julien et 3 de ses camarades portent l'équipement classique des forces d'intervention, gilet pare-balles, cagoule, brassard d'identification et fusil d'assaut. Il savent que plus loin, d'autres forces attendent pour intervenir et, pour eux, le pire risque provient justement de cette confusion possible. Mais surentrainés, déterminés, ces hommes sont prêts, prêts à affronter le pire, prêts à mourir s'il le faut pour assurer la survie d'autres de leurs congénères.

    Le papa du petit garçon commence à en avoir assez. Il souffle et court de moins en moins, ce qui agace l'enfant qui voit s'approcher le moment où son père voudra rentrer. 

    Profitant d'un nième éloignement de son père à la recherche du ballon, le petit garçon s'approche d'un banc sur lequel est assis un jeune homme seul. En souriant, il lui explique que son ballon est tout neuf, que c'est un vrai de foot, que son papa est nul et qu'il voudrait bien que lui, le jeune homme, vienne jouer avec lui.

    Après à peine un instant d'hésitation, le jeune homme lui sourit et se lève pour le suivre. Le père de l'enfant est quelque part soulagé d'être remplacé et va prendre place sur le banc.

    Julien et ses collègues sortent du véhicule, le plus discrètement possible, ils s'approchent de l'entrée du parc. Des gens regardent stupéfaits, certains sortent déjà un gsm pour filmer la scène mais tout le monde est rapidement et silencieusement écarté par d'autres agents en civil.

    Ainsi donc la cible est là, à quelques pas. On l'a signalée ce matin et l'ordre de l'intercepter à été donné quelques secondes plus tôt. Les hommes progressent en s'abritant dans la végétation. Soudain stupeur!

    La cible joue au ballon avec un petit garçon. Une chance pour leur approche car sa vigilance est relâchée, un risque énorme car leur action devient extrêmement risquée pour l'enfant. Julien réfléchit un instant. Il demande à un de ses compagnons, tireur d'élite, de choisir l'emplacement d'où il pourrait à tout moment abattre le jeune homme en cas de besoin. Une fois celui-ci en place, il reprend son approche avec encore plus de précautions.

    Le petit garçon est à nouveau tout heureux. ce nouveau partenaire est beaucoup plus doué que Papa. Une seule chose l'étonne, le petit garçon ne comprend pas pourquoi le jeune homme garde sa veste de jogging, il fait si chaud et on voit bien qu'il transpire. Parfois les grands sont bizarres. En tout cas il joue bien.

    Allez, encore une passe trop forte, le jeune homme se détourne et s'approche du buisson sous lequel le ballon a terminé sa course. Le petit garçon s'est déjà replacé, prêt à recevoir à nouveau la balle quand il comprend que quelque chose ne va pas. Où est passé le jeune homme? Pourquoi ne revient-il pas?

    Julien a réussi l'interception de main de maître. Le terroriste a été capturé avec sa ceinture explosive autour de lui. Les informations étaient donc bien fondées, il s'apprêtait à se faire exploser au milieu d'un parc bondé. Pourquoi, alors, a t-il attendu aussi longtemps avant d'agir?

    Le petit garçon est rentré à la maison avec la promesse de son père qu'il reviendrait aussitôt après le repas. Qui sait, pense l'enfant, le jeune homme sera peut-être ressorti du buisson.

    Julien est félicité par ses supérieurs. Sa première mission est un succès complet. Il est fier mais il sait aussi que cette mission n'est qu'une péripétie dans la lutte acharnée que devra mener la Civilisation contre le néant.

    Le jeune homme est assis sur le banc de la cellule. Qui pourrait comprendre que ce petit garçon, en le ramenant dans sa propre enfance et dans ses jeux de ballon interminables avec ses copains d'alors, a provoqué en lui le sursaut d'humanité qui l'a détourné de sa mission? Lui même se croyait à l'abri de toute hésitation, certain de s'être déjà libéré de sa propre existence et d'être prêt à mourir pour une cause supérieure. 

    Si ces yeux restent secs, il pleure sans doute au fond de lui sans savoir ou sans oser s'avouer si c'est de rage d'avoir échoué ou de joie d'avoir renoué avec la vie!

     


    votre commentaire
  • La Honte intégrale!

    Sur toutes les plages du monde
    Sur toutes les plages y a des mômes
    Qui font signes aux bateaux
    Sur toutes le plages de tous les coins
    Y a des mômes qui tendent la main
    Aux navires de passage
    Et si pour toi, là bas c'est l' paradis
    Dis-toi qu'dans leur p'tite tête l'paradis
    C'est ici! c'est ici!
    Sur toutes les plages de toutes les mers
    Sur toutes les plages y a des mômes
    Qui tournent le dos à leur mère
    Sur toutes les plages, tous les pontons
    Sur toutes les plages y a des p'tits garçons
    Qui fixent l'horizon, l'horizon
    Et si pour toi, là bas c'est l'paradis
    Dis-toi qu'dans leur p'tite tête l'paradis
    C'est ici oui! c'est ici

    (Jean Louis Aubert)

    Nul, en tout cas pas nous, ne saura jamais combien de milliards d'euros, de dollars, de yens, auront coûté les multiples et divers plans de sauvetage des banques depuis 2008. Nul, en tout cas pas nous, ne saura combien de morts auront causé l'hypocrisie, l'égoïsme, l'aveuglement des "grands" de ce monde, le pillage des ressources, les déséquilibres économiques, les guerres (Irak, Afghanistan, Lybie) , la pauvreté, la misère.

    Probablement que les milliards brulés pour assainir un système financier construit dans l'intérêt d'une minorité auraient pu résoudre, soulager ou atténuer une partie de cette misère et éviter que des milliers de personnes, d'êtres humains, d'enfants prennent tous les risques pour rejoindre un paradis, barricadé, bunkerisé, inaccessible comme l'Europe actuelle.

    Cette image insoutenable d'un petit garçon déposé par la mer sur une plage de Turquie où d'autres enfants plus chanceux ont joué tout l'été, est bien l'image de la honte et de la faillite de toute notre société.

    Je ne crois pas à la "capacité" politique des responsables actuels de nos pays de changer radicalement d'attitude, trop occupés qu'ils sont à scruter des sondages d'opinion. Je crois bien davantage à une mobilisation citoyenne spontanée de tous ceux qui se rappellent qu'un enfant condamné à mort par ses origines (nationalité, lieu de naissance) en 2015 n'est pas très différent de l'enfant condamné à mort pour sa religion il y a 70 ans...

    Et tous ceux qui proposent de les renvoyer d'où ils viennent, ces migrants du désespoir, c'est à dire les renvoyer à la mort pour la plupart d'entre eux, ont-ils conscience de la similitude d'une telle démarche avec celle de la "livraison" aux nazis des juifs étrangers réfugiées en France lors de la rafle du Vel d'Hiv?

    La lâcheté et la facilité en politique conduisent souvent à la catastrophe, on en voit le résultat chaque jour devant nos yeux, mais cela n'empêche pas certains de continuer à y patauger par pur intérêt électoral, beurk!

     


    1 commentaire
  • J'ai eu une enfance magnifique. Une belle famille, des parents présents, attentifs, aimants et un cadre de vie idéal pour un garçon. En effet, nous habitions en périphérie de Nancy, à Villers, dans un petit lotissement qui représentait alors les limites de l'urbanisation, c'est à dire que nous avions autour de nous, des terrains vagues, des mares, des arbres. Les ruelles et placettes internes du lotissement étaient libres de voitures et servaient de salles de jeu pour nos parties de billes, de ballon ou de vélo sans oublier les batailles de boules de neige en hiver. Aujourd'hui, malheureusement l'environnement est bien différent.

    Mon père a progressivement transformé la petite parcelle de terrain qui entourait notre maison sur 3 côtés en un joli jardinet avec une partie où il cultivait quelques légumes et des fraisiers. Il faut croire que les fraisiers aimaient particulièrement le climat lorrain de l'époque parce que la production était devenue impressionnante. Comme vous le savez par contre la période de récolte s'étale sur plusieurs semaines, la terre est basse, et les fraisiers ont des feuilles. Bref la cueillette journalière devenait vite une corvée et je me souviens confusément que je ne comprenais pas bien l'intérêt de cette partie du jardin qu'il fallait respecter (ne pas y marcher), entretenir sans arrêt et qui vous causait une fatigue incroyable pour un résultat final qui prenait la forme de semaines ininterrompues de haricots verts à tous les repas ou en l'occurrence de fraises comme dessert obligatoire.

    En grandissant et en déménageant vers la Bretagne, j'ajouterai à cette distance envers le jardinage, la tonte de la pelouse et la cueillette d'autres fruits.

    Et bien, pourtant aujourd'hui j'aime, que dis-je j'ai besoin de ce travail au jardin. J'adore, je ressens presque physiquement la satisfaction, le plaisir de voir reprendre la végétation, de voir se réveiller les arbres endormis pour l'hiver, de voir les fleurs des fruitiers devenir des promesses de fruits. Je ressens une paix intérieure à contempler le jardin soigné, tondu qui s'offre à la vue depuis notre véranda.

    Et cette année pour la première fois, j'ai des fraises. C'est donc hier en fin d'après-midi, accroupi devant mon fraisier (un pied unique mais très productif), traquant la fraise rouge pas trop mangée par la concurrence animale que ce souvenir d'enfance m'est revenu. J'ai enfin compris la satisfaction qu'au delà de la fatigue, mon père pouvait ressentir, en récoltant et en mangeant la production de son propre lopin de terre, le résultat de ses efforts et de ses soins.

    Mon Papa est toujours dans mon cœur, particulièrement lorsque je reviens sur les lieux qu'il a tellement aimés et qu'ils nous a fait, ma mère et mes frères et sœurs, aimés à notre tour. Mais il y a aussi ces flashes qui s'imposent à la conscience à partir d'une sensation particulière. En cueillant ces quelques fraises et plus tard en les savourant, je me suis retrouvé petit garçon rechignant à aider mon Papa plié en deux pour achever sa récolte du jour.

    Ces fraises sont ma madeleine à moi!

     

     

     


    4 commentaires
  • Je suis un des 120000 privilégiés qui ont obtenu un ticket pour assister à la reconstitution de la bataille de Waterloo à l'occasion de son bicentenaire.

    Privilégié? je me le demande vraiment tant je suis sorti, déçu et même avec le sentiment de m'être fait avoir. Et à entendre les spectateurs qui partageaient ma Tribune et à voir le nombre de ceux qui ont quitté avant la fin, je ne suis pas le seul à être déçu!

    Le billet valait 58 euros, les meilleures places à part les VIP. Mais de la Tribune O, celle qui m'avait été attribuée, on ne pouvait voir qu'une partie réduite du champ de bataille, à cause du relief du terrain. Un peu comme si vous preniez une loge pour une finale de la Champions' League et que vous ne voyiez qu'un but!

    Waterloo, très très morne plaine!

    Mais ce n'est pas tout, cette reconstitution annoncée comme la plus grande jamais réalisée en Europe avec un peu moins de 6000 figurants (pour près de 200 000 combattants en 1815) n'a jamais su créer d'atmosphère. Carmina Burana pour commencer (quel rapport?), un peu de cornemuse pour souligner l'arrivée des Anglais, un commentateur en français complètement à côté de l'évènement et la répétition partielle (et apparemment différente) des commentaires en anglais et en flamand (Belgique oblige) qui cassait complètement le peu de rythme de l'ensemble.

    Les mouvements "connus" des troupes, la suite des évènements, les charges folles se traduisaient confusément par des déplacements de quelques figurants dont personne ne savaient à quel corps ils appartenaient.

    300 pauvres cavaliers peinaient à représenter les charges désespérées des 10000 cavaliers de Ney, les charges anglaises sont passées inaperçues ainsi que l'arrivée des Prussiens et finalement l'attaque de la Garde. Bof! Un bien piètre résultat pour un évènement annoncé avec autant d'emphase!

    Je ne peux pas terminer cette réaction sans évoquer un passage du commentateur français parlant de Wellington. Wellington aurait, d'après lui, battu tous les Maréchaux de l'Empire en Espagne.

    Selon mes informations (!), les Maréchaux se sont largement battus tous seuls, ce qui n'a pas empêché Masséna de rejeter pratiquement Wellington dans ses bateaux et Soult de le battre à plusieurs reprises. Les Anglais montrant à plusieurs reprises que la notion d'alliance (les Espagnols et les Portugais) ne valait pas grand chose à leurs yeux quand le sort de l'armée britannique est en jeu! (du Dunkerque avant la lettre).

    Ce n'est finalement que lorsque Napoléon a dégarni largement les troupes présentes en Espagne (pour la campagne de Russie et surtout pour les campagnes de 1814) que Wellington, disposant de forces alors largement supérieures en nombre, a réussi à rejeter Soult en France et à l'obliger à retraiter.

    Pour en revenir à Waterloo 2015, cette soirée restera un raté complet pour moi que je regretterai d'autant plus que j'attendais depuis longtemps d'y assister. 

    Je n'espérais pas voir les Français gagner (quoique...) mais je continue à penser que cette bataille, pas sa signification, par sa férocité, par ses conséquences valait mieux qu'une célébration au rabais. Finalement M. Hollande a bien fait de ne pas venir. Il y a en France de nombreux "son et lumière", moins ambitieux, qui vous entrainent davantage dans l'émotion que ce spectacle qui n'a jamais réussi à trouver sa véritable dimension!

     

     


    votre commentaire