• Une saga en gestation?

    Je vous livre un petit texte encore très imparfait, un premier jet et je vous retrouve à la fin du texte pour vous donner quelques compléments d'information!

    L'enfant se réveille progressivement. Il sent confusément que quelque chose en lui, est différent des autres matins, des autres réveils. D'habitude il saute directement sur ses pieds, il s'habille rapidement, passe par la salle de bains pour une toilette de chat et dévale l'escalier pour se jeter sur son petit déjeuner.
    Mais, là, Thomas se sent lourd, comme enveloppé d'un brouillard qui ralentit ses mouvements et pire encore, sa reprise de conscience. La veille, il s'en souvient à présent, il s'est couché avec un fort mal de tête et a eu du mal à s'endormir comme si instinctivement son cerveau avait résisté, pressentant un danger.

    - Allez, se force-t-il, il faut te secouer, debout!

    Il pose les pieds au sol et se dirige, encore engourdi, vers le bureau où l'attendent ses vêtements du jour.
    Peu après, après avoir descendu le grand escalier de bois qui craque à chaque marche, il se rend directement dans la cuisine. Là, il prend presque peur en découvrant un univers inconnu, complètement changé par rapport à son environnement habituel.
    Le frigo a changé de place et de forme et, remarque Thomas, il semble ne faire qu'un avec le radiateur de la salle à manger voisine, la cuisinière à gaz a fait place à une sorte de plaque ultra fine fixée à mi-hauteur du mur. L'évier est le même mais les robinets ont changé et un des deux est relié à un tuyau qui descend du mur et semble venir de l'extérieur.
    Thomas regarde ses parents, eux non plus ne sont pas comme d'habitude. D'abord ils ne fournissent aucune réponse aux questions de Thomas concernant les modifications apportées à la maison, Thomas a même l'impression qu'ils ne comprennent pas la cause de ses interrogations, mais plus étrange encore, ils ne semblent pas s'en inquiéter outre mesure. Thomas pense alors que ses parents doivent se trouver dans le même état physique que lui et qu'ils n'ont qu'une conscience partielle de leur environnement.

    L'enfant, inquiet, tente de se rassurer en pensant que cela passera et il poursuit ses préparatifs pour se rendre à l'école. Il a quand même remarqué que le lait de ses céréales et d'ailleurs aussi ces dernières, étaient bien meilleures ce matin. Il ne saurait pas expliquer pourquoi mais il pense à une richesse proche de la nature, comme si son déjeuner était devenu plus "authentique" même si du haut de ses 12 ans, Thomas n'a qu'une conscience limitée de ce que pourrait être une saveur naturelle…

    Enfin, le jeune garçon est prêt. Ses parents aussi se préparent de leur côté, un peu comme des zombies et malgré ses inquiétudes, Thomas se dirige vers la porte pour se rendre à l'arrêt du bus scolaire qui l'amène chaque matin à son collège.

    Nouveau choc en sortant de chez lui. Il n'y a plus de route, plus de trottoir et rien qui ressemble aux voitures qui arpentaient encore la veille, les rues calmes du petit quartier résidentiel et bourgeois où habite Thomas.
    Thomas a devant les yeux, derrière la clôture du jardin de ses parents, sur toute la largeur de ce qui était recouvert hier encore par un asphalte gris et triste, un large couloir vert engazonné et même fleuri par endroit. Les gens y marchent, tout à leur aise, sans aucune crainte de se faire heurter ou même seulement klaxonner par une voiture au volant de laquelle, se trouverait un chauffeur excédé par ce manque de civisme.

    Et les voitures, parlons-en. Thomas voit arriver une sorte de saucisse volante d'une dizaine de mètres de longueur, qui se déplace à environ 50 cm du sol, sans bruit, sans chauffeur. Elle s'arrête exactement là où se situait l'arrêt de bus. À sa grande surprise, Thomas aperçoit deux de ses camarades à l'intérieur de la saucisse, il s'en approche, une porte s'ouvre automatiquement et une rampe d'accès se déploie jusqu'au sol. Thomas entre dans le véhicule qui repart aussi tôt sans aucune secousse.
    Au fur et à mesure qu'il s'enfonce dans la ville en direction du collège, Thomas constate que ce nouveau monde est installé partout, et, plus surprenant encore que personne ne semble ni gêné ni intrigué. D'autres saucisses plus ou moins grandes se déplacent apparemment dans un ordre parfait, pas de feux de signalisation ni d'agents aux carrefours, et aucun bruit ni aucun énervement, tout semble parfaitement huilé, parfaitement géré.

    Une fois, dans le collège, beaucoup plus verdoyant et arboré qu'auparavant, Thomas s'aperçoit qu'au lieu de se diriger vers l'entrée du bâtiment, ses camarades se rendent dans un endroit particulier à l'extérieur, là où avant il n'y avait qu'un misérable terrain de sport en béton. Le béton a disparu, l'herbe parfaitement tondue est accueillante, le prof est là, assis en tailleur par terre, il accueille les élèves un par un avec amabilité. Le cours commence et Thomas entend son professeur tenir un discours confus sur la nécessité de déclarer individuellement un éventuel malaise autant physique que mental. Ses mots semblent n'interpeller que Thomas, tant ses camarades écoutent avec passivité, et si celui-ci perd rapidement le fil dans les explications nébuleuses de son professeur, son instinct lui souffle de rester sur ses gardes devant un péril imminent.

    - Donc, est-ce que l'un ou l'une d'entre vous ne se sent pas bien ce matin?
    Le vieux professeur balaye des yeux son assemblée, personne ne réagit. Thomas n'a rien dit, une voix intérieure lui a suggéré de ne pas se dissocier de ses camarades, sous peine de s'exposer à un grand danger.

    Le professeur libère les élèves qui se lèvent avec lenteur pour cette fois gagner l'intérieur du collège. Thomas les suit, de plus en plus perdu dans ses pensées, quand une main se pose sur son épaule. Le professeur lui souffle discrètement:
    - Venez me voir dans ma salle de classe, après les cours...

    Ce texte était au départ un projet de nouvelle répondant au thème "autrement" mais au fil de l'écriture, une autre idée beaucoup plus ambitieuse m'est venue, imaginez!

    En 2014 (par exemple), des autorités mondiales (ne me demandez pas pour le moment lesquelles), constatant qu'il n'y a plus d'alternatives à la catastrophe écologique et humanitaire vers laquelle notre mode de vie nous propulse, décide "d'effacer" la mémoire collective et d'ouvrir une porte temporelle pour changer de "monde" ou plutôt de mode de vie. Le progrès technologique est maintenant respectueux de l'environnement, le cadre de vie est naturel, confortable, bref le meilleur des mondes...

    Evidemment ce n'est pas aussi simple et idyllique et quelques individus qui ont résisté à l'effacement ne vont pas tarder à mettre à jour l'envers du beau décor....

    Qu'en pensez-vous? En tout cas, là j'ai du travail pour les .... X prochaines années! 


  • Commentaires

    2
    Mardi 16 Décembre 2014 à 12:30

    Merci de ce commentaire. Je sais que c'est très ambitieux de s'attaquer à un tel genre où il semble difficile d'innover.

    En ce qui concerne le départ de l'énigme, je voudrais essayer de caler une histoire aussi fantastique sur des évènements réels et j'ai quelques idées...

    Pour le reste, même avec beaucoup d'imagination on n'est jamais très loin du "bien contre le mal", du "méchant contre le gentil", du "pot de fer contre le pot de terre", les bases de toute histoire non?

    1
    patro
    Mardi 16 Décembre 2014 à 12:14

    Belle idée de départ ; un nouveau monde troublant ; le sentiment d'un danger inconnu ...Il y a de quoi faire .


    Mais- sans être un spécialiste de science-fiction - attention de ne pas refaire un meilleur des mondes déjà écrit (à rechercher , Orwell?) ou de repasser l'une de ces séries télé -âge de cristal , les visiteursV , ... Finalement un 2014-bien propre suffirait mais comment aurait-on pu en arriver là? quels extra-humains auraient pris le pouvoir contre les riches et le pouvoir ,les armes et les religions , les fanatiques et les moutons ? ou quel évènement s'est-il imposé à l'humanité ?


    Bon courage!

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